Pourquoi je tombe toujours sur le même type d'homme
Tu tombes souvent sur le même type d'homme parce que tu choisis, sans le savoir, ce qui te paraît familier. Ce que tu as appris de l'amour, enfant puis dans tes premières histoires, décide de ce qui t'attire. Pour sortir de la boucle, il faut d'abord voir ce qui se répète de ton côté, et l'exercice des trois histoires sert exactement à ça.
Cette fois, tu étais sûre que c'était différent
Tu le rencontres à un anniversaire. Il est drôle, un peu insaisissable. Il te regarde longtemps, puis il parle à quelqu'un d'autre. Le lendemain, il t'écrit. Puis plus rien pendant quatre jours. Puis un message à minuit, comme si de rien n'était.
Tu te dis que cette fois, c'est différent. Il n'a rien à voir avec le précédent. Pas le même métier, pas le même quartier, pas le même style.
Trois semaines plus tard, tu es sur ton canapé, le téléphone à la main. Tu attends. Tu relis ton dernier message pour voir s'il était trop long. Tu as annulé une soirée avec tes amies au cas où il proposerait de se voir. Et tu reconnais cette sensation. Tu l'as déjà eue. Avec l'autre. Et avec celui d'avant.
Une question revient souvent sous mes vidéos : « Pourquoi c'est toujours sur moi que ça tombe ? » Je comprends la fatigue derrière. Mais la question la plus utile est un peu différente : qu'est-ce que moi, je choisis encore ?
Ce qui est familier ressemble à ce qui est bon
John Bowlby, le psychiatre à l'origine de la théorie de l'attachement, parlait de « modèles internes » : une sorte de carte de l'amour que l'enfant se construit en observant ceux qui s'occupent de lui. Est-ce qu'on vient quand je pleure ? Est-ce qu'il faut être sage pour être aimée ? Est-ce que l'amour disparaît et revient ? Cette carte, on la garde. Adulte, on s'en sert pour lire les hommes qu'on rencontre.
Le problème, c'est que notre corps confond souvent familier et juste. Un homme qui ressemble à ce que tu connais te paraît évident. Un homme qui ne ressemble à rien de connu te paraît étrange, parfois ennuyeux.
Amir Levine et Rachel Heller, dans « Attached », décrivent un piège précis. Quand une femme au style anxieux rencontre un homme au style évitant, qui s'approche puis s'éloigne, son système d'attachement s'allume. L'incertitude crée de l'intensité. Et cette intensité, on la prend pour de l'amour. Ils remarquent aussi que les personnes sécures, une fois en couple, ont tendance à y rester. Celles qui reviennent souvent sur le marché des rencontres sont donc plus souvent celles qui fuient l'engagement. Ce n'est pas de la malchance. C'est de la logique.
J'ai grandi en bonne élève, celle qui veut tout faire parfaitement pour être aimée. Je connais ce réflexe de l'intérieur. Quand l'amour ressemble à une note qu'il faut mériter, un homme difficile à satisfaire paraît normal. Et un homme qui t'aime simplement, sans examen, peut te sembler suspect.
Trois boucles qu'on retrouve souvent
Chaque histoire est unique, mais certaines boucles reviennent. En voici trois. Tu te reconnaîtras peut-être dans l'une, ou dans un mélange.
La première, c'est celle de l'homme qu'il faut conquérir. Il est là sans être là. Il donne un peu, puis se retire. Tu redoubles d'efforts pour obtenir ce qu'il ne donne pas. Plus il s'éloigne, plus tu t'accroches. C'est le piège décrit par Levine et Heller.
La deuxième, c'est celle de l'homme qu'il faut sauver. Il a eu une vie difficile, il traverse une mauvaise passe, il n'a « pas encore trouvé sa voie ». Tu vois son potentiel. Tu l'aides, tu l'encourages, parfois tu payes. Et un jour tu te rends compte que tu es devenue sa mère, pas sa compagne.
La troisième, c'est celle de l'homme qui te juge. Rien n'est jamais tout à fait assez : ta tenue, ta cuisine, ta façon de parler. Pour une ancienne bonne élève, c'est un terrain connu. Tu travailles pour la bonne note, et elle n'arrive jamais.
À Abidjan comme à Paris, ces boucles portent parfois l'étiquette de la famille : « il est comme ça, les hommes de chez nous », « c'est normal qu'il ne soit pas très démonstratif ». Parfois c'est vrai, et il y a de la tendresse sous la pudeur. Parfois c'est une excuse qu'on a entendue si souvent qu'on ne la questionne plus.
Voir ton schéma ne veut pas dire te juger. Un homme reste responsable de ce qu'il fait. Mais toi, tu es responsable de ce que tu gardes. Et c'est là que tu as du pouvoir.
Cette semaine, fais l'exercice des trois histoires
- Fais l'exercice des trois histoires. Prends une feuille, trace trois colonnes, une par histoire. Prends les trois dernières, même les courtes, même celles qui n'ont « jamais été officielles ». Pour chacune, réponds aux mêmes questions :
- Qu'est-ce qui m'a attirée chez lui dans les premiers jours ?
- Quel a été le premier signal qui m'a dérangée, et quand est-il arrivé ?
- Qu'est-ce que j'ai fait à ce moment-là : j'en ai parlé, je l'ai excusé, j'ai fait plus d'efforts ?
- Qu'est-ce que j'ai mis de côté pour lui : mes amies, mon sommeil, mes projets, ma foi, mon argent ?
- Comment ça s'est terminé, et qui y a mis fin ?
Ensuite, lis les trois colonnes en ligne, pas en colonne. Entoure ce qui revient. Pas ce qui revient chez eux, ce qui revient chez toi. Tu trouveras peut-être que tu remarques toujours le signal dès la deuxième semaine, et que tu le fais taire. Ou que tu es attirée par ceux qui ont « besoin d'être aidés ». Termine en écrivant ta phrase, à voix haute :
« Dans mes histoires, je vois le signal tôt, et je choisis de ne pas l'écouter parce que… »
C'est cette phrase-là que tu vas surveiller.
- Repère le moment où l'attirance monte, et ralentis. La prochaine fois que tu sens ce frisson familier, celui qui arrive quand il se fait désirer, pose-toi une seule question :
« Est-ce que je le trouve attirant, ou est-ce que je le trouve familier ? »
Si c'est familier, tu ne fuis pas forcément. Tu ralentis. Tu gardes ta soirée avec tes amies. Et s'il disparaît quatre jours puis réapparaît à minuit, tu peux répondre calmement :
« Contente d'avoir de tes nouvelles. Moi, j'aime les échanges réguliers. Si tu as envie de me voir, propose-moi un jour. »
Sa réaction te dira beaucoup.
- Laisse une chance à celui qui ne ressemble pas à ton type. L'homme constant, qui répond, qui propose, qui fait ce qu'il dit, risque de te paraître fade au début. Ton corps n'a pas l'habitude. Accepte un deuxième rendez-vous au lieu de conclure trop vite qu'il n'y a « pas de feeling ». Tu peux le dire simplement :
« J'ai passé un bon moment avec toi. On se revoit la semaine prochaine ? »
J'en parle plus en détail dans l'article sur le coup de foudre et la compatibilité. Et si c'est toi qui fuis les hommes qui s'intéressent vraiment à toi, lis l'article sur l'attachement évitant.
Quand le schéma vient de plus loin
L'exercice des trois histoires te montre un schéma. Il ne répare pas toujours ce qui l'a créé. Si, en l'écrivant, tu remontes à des blessures d'enfance lourdes, ou si tu te rends compte que tes histoires te laissent chaque fois plus abîmée, un psychologue ou un thérapeute peut t'aider à aller là où un article ne va pas.
Si le point commun de tes histoires, c'est la peur, le contrôle, les insultes ou les coups, on ne parle plus d'un « type d'homme ». On parle de violence, et tu n'y es pour rien. En France, appelle le 3919, gratuit et anonyme, et la police en cas de danger. En Côte d'Ivoire, tourne-toi vers la ligne d'écoute nationale ou une structure de confiance. Parles-en à quelqu'un avant de rencontrer une nouvelle personne.
Si tu veux savoir où en est le reste de ta préparation, reprends les cinq dimensions dans le guide suis-je prête pour une relation sérieuse. Ton passé amoureux n'est qu'une des cinq.
Questions fréquentes
Pourquoi j'attire toujours le même type d'homme ?
Le plus souvent, ce n'est pas lui qui te trouve, c'est toi qui le choisis parce qu'il te semble familier. La théorie de l'attachement explique que nous sommes attirées par ce qui ressemble à ce que nous avons appris de l'amour. Comprendre ce que tu répètes toi-même est le premier pas pour changer.
Qu'est-ce que l'exercice des trois histoires ?
Tu prends tes trois dernières histoires, même courtes, et tu réponds pour chacune aux mêmes questions : ce qui t'a attirée, le premier signal, ce que tu as fait, comment ça a fini. Ensuite tu compares les trois colonnes et tu entoures ce qui revient de ton côté. C'est là que se trouve ton schéma.
Est-ce que c'est ma faute si je tombe sur des hommes qui me font du mal ?
Non. Un homme reste responsable de ce qu'il fait. Regarder ce qui se répète chez toi sert à reprendre du pouvoir sur tes choix, pas à te culpabiliser. Et si ces hommes ont été violents avec toi, parle à un professionnel.
Comment arrêter d'être attirée par des hommes indisponibles ?
Commence par repérer le moment où l'attirance monte : c'est souvent quand il se fait désirer. Ralentis à ce moment-là, et laisse une vraie chance aux hommes constants, même s'ils te paraissent moins excitants au début.
Et toi, où en es-tu ?
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